Dans un monde qui court sans cesse, certaines invitations ont la douceur d’un arrêt. Les « 24 heures pour le Seigneur » font partie de ces moments particuliers où l’Église ouvre largement ses portes pour offrir un espace de prière, de silence et de réconciliation. Cette année encore, l’église Sainte-Marie se transforme en véritable halte spirituelle pendant une journée entière, invitant chacun à entrer dans une expérience de foi simple et profonde.
Durant vingt-quatre heures, du vendredi au samedi, la communauté propose un temps continu d’adoration, de prière et de confession autour du Saint-Sacrement. Chacun est libre de venir quelques minutes ou de rester plus longtemps, de jour comme de nuit, selon ses disponibilités. L’essentiel n’est pas la durée, mais la rencontre.
Une invitation venue de toute l’Église
Les « 24 heures pour le Seigneur » ne sont pas un événement isolé. Cette initiative a été lancée par le pape François en 2014, dans le cadre du temps du Carême, pour remettre au cœur de la vie chrétienne le sacrement de la réconciliation et la prière devant le Saint-Sacrement. Dans de nombreuses paroisses à travers le monde, des églises restent ouvertes jour et nuit afin que chacun puisse trouver un moment pour se tourner vers Dieu.
À Bienne et dans l’unité pastorale catholique Bienne–La Neuveville, cette démarche prend une dimension particulière : celle d’une église accueillante, vivante, ouverte à tous. On peut y venir pour prier, méditer un passage de la Bible, déposer une intention, ou simplement goûter quelques instants de silence.
Entrer dans la prière
La démarche commence le vendredi en fin d’après-midi par un temps d’adoration du Saint-Sacrement, avec la possibilité de recevoir le sacrement de la confession. La messe d’ouverture marque ensuite le début officiel de ces vingt-quatre heures spirituelles.
Au fil de la soirée, la prière prend différentes formes : chapelet marial, veillée animée en musique, temps de réconciliation et prière fraternelle. La journée s’achève par la prière des complies, avant qu’une veille d’adoration ne se poursuive durant toute la nuit dans la crypte de l’église. Chacun peut s’inscrire pour une heure de présence, seul ou avec d’autres, afin que la prière ne s’interrompe jamais.
Affiches 24h pour le Seigneur
Une nuit pour veiller
Il y a quelque chose de profondément biblique dans cette nuit de prière. Veiller auprès du Seigneur, comme les disciples au jardin des Oliviers, rester simplement présent devant Dieu, sans paroles inutiles. Dans la pénombre de l’église, l’adoration devient une expérience de paix et d’intériorité que beaucoup découvrent avec étonnement.
Certains viennent tard dans la soirée, d’autres à l’aube. Pour beaucoup, c’est l’occasion de vivre un moment rare : celui de ralentir, d’écouter, et de confier à Dieu les joies et les inquiétudes de la vie.
Prier ensemble, vivre la fraternité
Le samedi matin reprend avec la prière des laudes, avant différents temps proposés au fil de la journée : confessions pour les confirmands, prière du milieu du jour, méditation autour de la Parole de Dieu et temps d’adoration plus spécialement destiné aux parents et grands-parents qui souhaitent porter leurs enfants ou petits-enfants dans la prière.
Affiches 24h pour le Seigneur
À midi, la dimension fraternelle s’exprime aussi autour d’une soupe partagée. Un moment simple, mais précieux, où la communauté se retrouve et où les visages se rencontrent.
La journée s’achève en fin d’après-midi par un dernier temps de confession ouvert à tous, avant la messe de clôture célébrée dans la joie.
Une porte ouverte
Les « 24 heures pour le Seigneur » ne demandent aucune préparation particulière. On peut entrer dans l’église, s’asseoir quelques instants, rester en silence, allumer une bougie, ou participer à l’un des temps proposés.
Dans la discrétion de la prière, quelque chose se joue souvent : un apaisement, une lumière nouvelle, ou simplement la certitude que Dieu se tient là, patient, prêt à accueillir chacun.
Parfois, il suffit d’une heure pour que le cœur retrouve son souffle. Et peut-être est-ce là, au fond, le sens de ces vingt-quatre heures : rappeler que Dieu n’est jamais loin, et que l’Église demeure une maison ouverte où chacun peut venir le rencontrer.
Céline Latscha
