Photos: Céline Latscha

Témoins, ensemble

Il ne suffit pas de s’engager. Encore faut-il porter, ensemble, une lumière qui se voit

Il y a des moments où une communauté se révèle sans effort. Non pas dans les grandes déclarations, mais dans la simplicité d’une présence partagée. En ce dimanche 1er février 2026, la fête des bénévoles de l’Unité pastorale a offert l’un de ces instants rares, où ce qui est vécu tout au long de l’année devient soudain visible.

Ils sont 145 à s’engager, chacun à leur manière, au service de la vie paroissiale. Et ce soir-là, ils sont nombreux à avoir répondu à l’appel. Une assemblée dense, habitée, où l’on perçoit immédiatement ce qui fait la force d’une telle communauté : la fidélité, la disponibilité, mais aussi cette manière d’être ensemble qui ne relève pas de l’organisation, mais du lien.

Très vite, le rassemblement prend une autre épaisseur. À travers les chants, la prière, les temps de silence, quelque chose se creuse. Kumbaya traverse l’assemblée comme une respiration commune, une manière de déposer ce qui habite chacun pour le porter ensemble. Le thème proposé — « Vous serez mes témoins » — ne reste pas en surface. Il rejoint une réalité déjà là : celle de femmes et d’hommes qui, dans la discrétion, rendent visible une foi en acte.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Témoigner. Non pas d’abord par des mots, mais par une présence, une manière de servir, d’accompagner, de soutenir. Le livret remis pour l’occasion le rappelle avec justesse : une communauté ne tient pas par elle-même, mais par ce qu’elle porte ensemble. Elle devient lieu de lumière lorsqu’elle accepte de sortir d’elle-même, de faire place, de donner.

Dans cette perspective, la fête prend tout son sens. Elle n’est pas une parenthèse, mais un reflet. Un moment où l’on reconnaît ce qui est déjà à l’œuvre. Les échanges sont simples, les sourires francs, et le plaisir d’être ensemble se lit sans détour. Spirituel et fraternel à la fois, le moment touche juste. Et tout se déroule avec une évidence presque paisible, comme si chacun savait déjà pourquoi il était là.

Puis vient le temps de se laisser surprendre. En clôture, Daniel Gerniquet, désacristain de la paroisse, accompagné de sa partenaire, propose une performance inspirée de Ut queant laxis. Une création qui relie les siècles, entre la source d’un chant ancien et une expression résolument contemporaine. Le corps, le rythme, le son ouvrent un autre langage, qui prolonge autrement ce qui vient d’être vécu : une invitation à écouter, autrement, à percevoir autrement.

Au moment de se quitter, rien d’extraordinaire en apparence. Et pourtant, tout est là. La joie d’avoir partagé, la force d’un collectif, la conscience renouvelée d’un engagement qui dépasse chacun.

Une fête réussie, profondément. Parce qu’elle dit, sans détour, ce que signifie être Église aujourd’hui : avancer ensemble, et devenir, humblement, témoins.

Céline Latscha (texte et photos)

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